Le renforcement de l’écosystème de capital d’investissement est essentiel pour l’économie du Québec

Montréal, le 8 décembre 2015 –  Mandatée par les six plus importants investisseurs institutionnels québécois, soit la Banque de développement du Canada, la Caisse de dépôt et placement du Québec, Capital régional et coopératif Desjardins, Fondaction CSN, le Fonds de solidarité FTQ et Investissement Québec, de même que par les associations Finance Montréal et Réseau Capital, la firme PwC a réalisé une étude sur l’offre de capital d’investissement au Québec dont les résultats sont dévoilés aujourd’hui.  

« L'étude démontre clairement que les énergies investies depuis plus de 10 ans dans l'industrie du capital d'investissement au Québec ont porté fruit notamment avec la création de plusieurs fonds d’investissement québécois spécialisés, et ce, avec l’appui d’investisseurs institutionnels et gouvernementaux. Les efforts des dernières années ont permis de renforcer la chaîne d’investissement, au profit des entreprises québécoises. Cependant, il faut poursuivre ces efforts afin de ne pas perdre cet élan. Le renforcement continuel de l’écosystème financier est essentiel », a déclaré André Dessureault, Président du conseil d’administration de Réseau Capital. 

« Plusieurs des fonds qui ont été actifs durant la période observée arrivent au terme de leur durée de vie et doivent trouver de nouvelles sources d’approvisionnement pour lancer de nouveaux fonds.  Également, la levée de fonds en capital de risque demeure un défi. La présence d’un écosystème de capital d’investissement fort permet de soutenir l’innovation, la créativité et l’entrepreneuriat », a poursuivi Jack Chadirdjian, Président directeur-général de Réseau Capital.

« L'exercice nous a permis de construire une base de données qui fournit 70 % plus de capitaux investis et 32 % plus de transactions en nombre que la somme des bases de données commerciales disponibles. Cela nous permet d’avoir une image beaucoup plus précise du niveau réel des activités dans l'industrie du capital d'investissement au Québec », indique Michael Kamel, associé, Conseils et Transactions de PwC. 

Les résultats de l’étude permettent de tirer plusieurs nouvelles conclusions. D’abord, l’importance du capital d’investissement au Québec est généralement sous-estimée. Il y a en effet plus de capitaux disponibles que ce que les données antérieures ne présentaient et plus d’entreprises bénéficiant de ces financements. Deuxièmement, le capital d’investissement est réparti sur tout le territoire québécois et dans plusieurs secteurs industriels. Enfin, le soutien financier est  présent à tous les stades de développement d’une entreprise.

La chaîne du capital d’investissement active au Québec est composée d’anges, de fonds spécialisés en capital de risque ou en rachat d’entreprise, de fonds fiscalisés, de fonds gouvernementaux et d’autres investisseurs institutionnels. Portant sur les années 2012 à 2014, l’étude cherchait à mieux comprendre l’impact du capital d’investissement dans l’économie québécoise.

Faits saillants de l’étude

Portant sur les années 2012 à 2014, l’étude cherchait à répondre à quatre questions :

1.    Combien de capitaux sont investis dans les entreprises québécoises en équité et quasi-équité?
2.    Quelle est la répartition de ces capitaux par secteur industriel au Québec?
3.    À quels stades de développement des entreprises ces capitaux sont-ils investis?
4.    Qui sont les joueurs clés actifs en financement d’entreprises au Québec?

Les analyses ont permis de constater les faits suivants :

  • D’une façon globale,  environ 30 G$ d’investissements en capital ont été effectués au Québec de 2012 à 2014. On constate donc qu’en moyenne, il se fait pour près de 10 G$ d’investissements en capital par année au Québec. Ce montant est 67 % plus élevé que ce qui pouvait être identifié par les bases de données publiques existantes.
  • Sur le montant total de 30 G$, 13.3 G$ ont été investis dans 8 entreprises, dans le cadre de rondes d’investissement de capital de développement de 1 G$ et plus.
  • Les 30 G$ d’investissement en capital ont été déployés dans 1 534  entreprises différentes, ce nombre étant 32 % plus élevé que ce qui pouvait être identifié par les bases de données publiques existantes. 
  • Le capital de risque (CR), qui regroupe les stades de l’amorçage, du démarrage et du post-démarrage, a reçu 34 % des investissements en nombre et 9 % en dollars.
  • Il y a des investissements dans toutes les régions du Québec, bien qu’environ la moitié des rondes aient eu lieu dans les régions de Montréal et de la Montérégie.
  • Neuf secteurs économiques clés, représentant 68 % des rondes, ont été analysés plus spécifiquement : TIC, Sciences de la vie, Technologies propres, Transport et logistique, Mines et métaux, Foresterie, Fabrication aérospatiale, Fabrication agroalimentaire et Fabrication – autres.
  • Parmi ces secteurs, les trois secteurs technologiques représentent 52 % des investissements en nombre et 39 % en dollars.
  • Dans les 9 secteurs, près de 500 M$ sont investis chaque année en amorçage ou démarrage, 1,3 G$ est investi au stade du développement et au moins 1,25 G$ est investi par année pour faciliter le transfert d’entreprises à la relève ou leur rachat.
  • Plus des 2/3 des montants investis sont inférieurs à 5 M$ par entreprise; environ le quart des investissements sont de moins de 500 000$.
  • L’étude a dénombré 880 investisseurs différents qui ont été actifs au moins une fois au Québec entre 2012 et 2014. 675 d’entre eux ont investi dans au moins un des neuf secteurs clés de l’étude. Les investisseurs institutionnels sont présents aux différents stades, leurs investissements directs étant particulièrement importants au stade du développement.
  • Environ les 2/3 des investissements au Québec sont réalisés par des investisseurs québécois. Les investisseurs du reste du Canada et des autres pays sont plus présents dans les secteurs technologiques.